JOURNÉES DE FORMATION CONTINUE 2018 : 8 NOVEMBRE À LYON

PSYCHIATRIE ET SANTÉ MENTALE : QUAND LE PARCOURS SE MET AU SERVICE DU POUVOIR D'AGIR?

A l’heure de la mise en place des Projets Territoriaux de Santé Mentale, plusieurs constats s’imposent. D’une part, la connaissance des acteurs du soin et de la santé mentale et l’accès aux dispositifs sont encore trop souvent complexes pour les non-initiés. D’autre part, les besoins non pourvus, laissés à la charge des familles, placent les personnes concernées et leurs proches dans une situation de désarroi et d’isolement. Dans le même temps, la notion de stabilisation, longtemps considérée comme le seul espoir, s’accomplit dans le rétablissement à la mesure des capacités de chacun.

En constante évolution, le champ de la santé mentale s’est enrichi par les dynamiques des acteurs dont les missions et les compétences se sont diversifiées et affinées. Cependant, la structuration de l’offre a pour revers certains cloisonnements et une grande complexité, nourrissant ruptures et incohérences dans le parcours des personnes concernées. Pour autant, il arrive que les obstacles dans le parcours de vie participent à des remises en cause périlleuses ou sources de renouveau.

Penser le parcours de vie dans sa dimension d’inclusion sociale (intégrant parcours de soin, accompagnement social, choix personnels…) permet de maintenir la continuité existentielle dans l’esprit de la personne ou dans ses interactions au-delà des ruptures.

Aujourd’hui, l’essor des associations d'usagers, l’évolution des pratiques, la désinstitutionalisation et les mouvements de la société civile ont fait du partenariat une composante incontournable de la relation d'aide en santé mentale. L'éducation thérapeutique a, par exemple, permis de développer le recours à la prise de décision partagée en s’appuyant sur le savoir expérientiel.

Fortes de cette dynamique, les expériences de coordinations (des acteurs, des différents niveaux de territoires, politique et opérationnelle) ont essaimé et font vivre les réseaux : cela permet de mutualiser les retours d’expériences et d’œuvrer à plusieurs pour le renforcement du pouvoir d’agir des personnes.

Les défis pour permettre l’expression de leur pleine citoyenneté sont encore nombreux. Cette journée est l’occasion de faire un point d’étape, personnes concernées, familles, professionnels, pour entrevoir ensemble ce qu’il nous reste à accomplir sur le chemin du rétablissement.