Interview adhérent : Facettes – Clémence Monvoisin
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L’association ICMS Facettes est une association créée en 2021 qui agit pour une meilleure prise en compte de la santé mentale des jeunes. Portée par des jeunes et pour des jeunes, elle développe des actions de sensibilisation, de plaidoyer et de pair-aidance afin de lutter contre les préjugés et favoriser le pouvoir d’agir des personnes concernées.
Adhérente de Santé mentale France depuis sa création, Facettes partage avec la fédération une même attention portée à la participation des personnes concernées, à la co-construction et à l’action collective.
À travers cette interview, Clémence Monvoisin, co-fondatrice et ex-présidente de l’association Facettes revient sur les origines du projet, les liens construits avec Santé mentale France et l’importance des dynamiques collectives pour faire évoluer le champ de la santé mentale.
Pouvez-vous présenter Facettes, votre parcours et les enjeux que vous portez aujourd’hui au sein de l’association ?
Clémence Monvoisin : Facettes est une association créée autour d’une idée simple : défendre une juste prise en compte de la santé mentale des jeunes. Nous nous appuyons sur le principe du « Rien sur nous sans nous » en plaçant les personnes concernées au cœur des projets et des décisions.
L’association est née à l’initiative de jeunes souhaitant créer un premier festival de santé mentale qui leur serait dédié, dans une logique de déstigmatisation, de création de lien social et de développement des connaissances autour de ces enjeux.
Mon engagement est aussi lié à mon parcours personnel. Concernée par des troubles psychiques depuis l’adolescence, j’ai longtemps ressenti le besoin de donner du sens à cette expérience. Facettes est née de cette volonté d’agir pour les jeunes qui traversent aujourd’hui les mêmes questionnements que ceux que j’ai pu connaître.
Aujourd’hui, nous développons trois grands axes d’action : la sensibilisation du grand public, l’accompagnement par les pairs et le plaidoyer autour de la santé mentale des jeunes. Nous travaillons également à renforcer la place des jeunes dans notre gouvernance afin que l’association reste pleinement fidèle à son ADN.
Pourquoi avoir choisi d’adhérer à Santé mentale France dès la création de Facettes ?
Clémence Monvoisin : Dès la création de l’association, nous avons pris le temps de rencontrer les acteurs du secteur pour comprendre l’écosystème de la santé mentale et identifier les partenaires avec lesquels construire des liens durables.
La rencontre avec Santé mentale France a été particulièrement importante. Dès les premiers échanges, notre projet a été accueilli avec beaucoup d’écoute, d’intérêt et de bienveillance. Nous avons senti un réel intérêt, mais aussi une volonté sincère de nous accompagner dans nos premiers pas. À une période où nous étions encore une toute jeune association, cet accueil a été particulièrement précieux.
Ce qui nous a également marqués, c’est la capacité de la fédération à faire une place à des structures émergentes et à reconnaître leur légitimité. Nous n’avons jamais eu le sentiment d’être considérés comme un acteur « à part » ou trop récent pour contribuer aux réflexions du secteur. Au contraire, nous avons été encouragés à participer, à partager nos idées et à prendre part à la vie du réseau.
L’adhésion à Santé mentale France s’est donc imposée naturellement et au fil des années, ce lien n’a fait que se renforcer pour devenir une véritable relation de confiance.
Quel regard portiez-vous sur Santé mentale France avant de rejoindre la fédération, et comment cette perception a-t-elle évolué au fil des années ?
Clémence Monvoisin : Avant de connaître la fédération, nous avions l’image d’un acteur historique et incontournable du champ de la santé mentale. Nous nous demandions naturellement quelle place une association aussi récente que Facettes pourrait trouver dans cet écosystème.
Mais très rapidement, nous avons découvert une fédération dynamique, ouverte au dialogue et attentive à la diversité des acteurs qui composent le champ de la santé mentale. Nous avons surtout été frappés par la qualité des relations humaines, la disponibilité des équipes et la volonté de créer des espaces où chacun peut contribuer, quelle que soit la taille de sa structure.
Au fil des années, nous avons également constaté que cette ouverture se traduisait concrètement. Santé mentale France ne se contente pas de rassembler des acteurs très différents : elle cherche réellement à leur permettre de travailler ensemble, de partager leurs expériences et de construire des projets communs.
Quelles sont les valeurs portées par Santé mentale France qui font particulièrement écho à votre engagement ?
Clémence Monvoisin : La première est sans doute la place accordée aux personnes concernées. Chez Facettes, nous défendons l’autodétermination et la participation directe des personnes dans les décisions qui les concernent. Nous retrouvons cette attention au sein de la fédération.
Nous partageons également une culture de la co-construction. Les projets les plus pertinents sont souvent ceux qui se construisent collectivement, en croisant les regards, les expériences et les expertises.
Enfin, nous apprécions particulièrement le fait que Santé mentale France fasse vivre concrètement les valeurs qu’elle porte. Au-delà des prises de position, la fédération crée des espaces de rencontre, développe des projets, anime des événements et favorise les coopérations entre acteurs. Cette capacité à transformer les intentions en actions est une des grandes forces de la fédération.
Qu’est-ce que l’adhésion à Santé mentale France vous apporte concrètement au quotidien ?
Clémence Monvoisin : L’adhésion à Santé mentale France nous apporte d’abord un véritable sentiment d’appartenance à une communauté d’acteurs engagés pour la santé mentale. Lorsque l’on est une jeune association, il est précieux de pouvoir s’appuyer sur un réseau qui permet d’échanger, de partager ses questionnements, de découvrir d’autres initiatives et de construire des collaborations.
La fédération joue également un rôle important dans la diffusion des connaissances. Les publications, les webinaires, les événements ou encore la veille hebdomadaire constituent des ressources précieuses pour rester informés des évolutions du secteur et nourrir nos réflexions. C’est un apport très concret pour une structure comme la nôtre.
Nous apprécions aussi particulièrement la place accordée aux adhérents dans la vie de la fédération. Nous ne sommes pas simplement destinataires d’informations : nous sommes régulièrement invités à contribuer, à proposer des interventions, à partager nos expériences ou à participer à des projets collectifs. Cette confiance accordée aux adhérents est très stimulante.
Pourquoi les événements et espaces collectifs portés par Santé mentale France sont-ils importants pour une association comme Facettes ?
Clémence Monvoisin : Les événements organisés par Santé mentale France occupent également une place importante. Que ce soit à travers le Congrès Réh@b’, les Journées nationales ou les Ateliers du rétablissement, nous avons l’occasion de rencontrer des acteurs venus de toute la France, de découvrir des initiatives inspirantes et de faire vivre notre réseau.
Ce sont des espaces où l’on apprend, où l’on échange, mais aussi où l’on construit des liens durables.
Au-delà du contenu, ces temps collectifs contribuent à faire vivre une communauté engagée autour des enjeux de santé mentale. Cette dimension humaine est particulièrement précieuse.
Dans le contexte actuel, pourquoi est-il essentiel de continuer à agir collectivement dans le champ de la santé mentale ?
Clémence Monvoisin : Les enjeux de santé mentale sont aujourd’hui tels qu’aucun acteur ne peut avancer seul. Les besoins augmentent, les attentes évoluent et les réponses doivent être construites collectivement. Face à ces défis, il est essentiel de pouvoir rassembler des acteurs aux expériences, aux expertises et aux réalités différentes afin de construire des réponses plus cohérentes et plus ambitieuses.
C’est précisément ce que permet une fédération comme Santé mentale France. En créant des espaces de dialogue et de coopération, elle favorise les rencontres entre associations, personnes concernées, professionnels, établissements et acteurs institutionnels. Cette capacité à faire travailler ensemble des structures très différentes est une véritable richesse pour le secteur.
Nous le constatons également à travers notre engagement commun au sein du Collectif Santé mentale – Grande cause nationale. Santé mentale France y joue un rôle moteur de coordination et d’animation, qui permet de faire émerger une parole collective et de porter des propositions concrètes auprès des pouvoirs publics. Les six propositions récemment publiées par le collectif illustrent bien cette capacité à fédérer des acteurs aux sensibilités diverses autour d’ambitions communes pour améliorer la santé mentale en France.
Pour Facettes, agir collectivement, c’est aussi faire une place aux nouvelles voix, aux personnes concernées et aux initiatives émergentes. Les réponses aux enjeux de santé mentale ne peuvent être construites sans celles et ceux qui les vivent au quotidien. C’est en croisant les expériences, les savoirs et les expertises que nous pourrons continuer à faire évoluer durablement les politiques, les pratiques et le regard porté sur la santé mentale.
