« Soyons Fous » : ciné-débat en Bretagne pour la déstigmatisation en santé mentale
Retour aux actualitésLe film Soyons Fous propose un regard sensible et inédit sur la santé mentale, en donnant la parole à des personnes vivant avec des troubles psychiques engagées dans une aventure artistique collective. En s’impliquant dans ce projet, Santé mentale France Bretagne a souhaité soutenir une initiative collective mobilisant des associations de personnes concernées et de proches, des acteurs du soin et de l’accompagnement médico-social. Le projet a ainsi associé Unafam, les Groupes d’entraide mutuelle (GEM) bretons, la Fondation Saint-Jean de Dieu pour le secteur sanitaire et l’APASE pour le médico-social, avec le soutien du PRITH. Cette coopération a permis de proposer un ciné-débat inclusif et pédagogique, favorisant le dialogue, la reconnaissance des savoirs expérientiels et la lutte contre la stigmatisation.
Un tour de Bretagne couronné de succès
Le long métrage documentaire « Soyons Fous », qui a parcouru la Bretagne en avant-première, lors de ciné-débat, du 17 au 27 novembre, a rencontré un vif succès auprès du public.
À travers six étapes, ce projet original a rassemblé 534 participants, avec une fréquentation particulièrement élevée à Rennes (201 participants), mais aussi à Brest, Quimper, Saint-Brieuc et Loudéac.
La fréquentation de ces séances dépasse largement la moyenne habituelle pour une avant- première, et cette expérience bretonne constitue une première nationale : une tournée d’avant-premières suivie de débats sur la santé mentale, qui servira de modèle pour générer des initiatives similaires dans d’autres régions.
Une expérience d’inclusion sociale
Les spectateurs ont pu découvrir, à travers le documentaire, la création d’un court-métrage réalisé et joué par une équipe de personnes vivant avec un trouble psychique, accompagnée de grands talents du cinéma. Comme le dit la maquilleuse en herbe de cette belle équipe, l’objectif est clair : « Aller à l’encontre du stéréotype “les fous font de la folie”.»
En dévoilant la complexité du rétablissement ainsi que les bénéfices de l’engagement artistique, « Soyons Fous » met en lumière les réalités des membres de l’équipe, loin des idées reçues. Au cœur d’une séquence de tournage, l’un des acteurs nous plonge dans ses pensées : « On me dit schizophrène, mais c’est un peu une maladie des relations, de la relation… et je me suis souvent retrouvé seul, voilà. Donc de se retrouver en groupe comme ça, c’est… c’est ça qui est primordial quoi. Enfin de… de se sentir normal. De sentir qu’on existe, tout simplement. »

Des débats riches et bienveillants
À l’issue de la projection, le public a pu réagir, poser des questions et partager ses expériences avec des intervenants aux profils variés : personnes concernées, proches aidants, professionnels soignants et Noël, pair-aidant et acteur du film. Ces débats ont donné lieu à des échanges riches et pluriels, portant à la fois sur l’œuvre — saluée comme « un beau documentaire, à la fois humain et visuel, une forme de poésie » — et, plus largement, sur les enjeux de la santé mentale.
Les soirées ont été largement perçues comme favorisant une meilleure compréhension des troubles psychiques et contribuant à faire évoluer les représentations autour d’une dynamique porteuse d’espoir. Elles ont été marquées par une volonté partagée de lutter contre la stigmatisation et de promouvoir une approche plus inclusive de la santé mentale.
Un participant souligne ainsi « la justesse du propos, la qualité des échanges et le climat de bienveillance », saluant un film « poignant et humain, porté par une belle photographie et une bande-son soignée », sans jamais verser « dans le pathos, le voyeurisme ou la stigmatisation ».
Un autre témoignage met en avant « la dignité de la place offerte aux différents acteurs » ainsi que « la confiance et l’écoute » qui ont permis aux personnes concernées d’exprimer leur vécu et de valoriser des capacités parfois méconnues.En ce sens, Soyons Fous s’inscrit pleinement dans les actions soutenues par Santé mentale France : reconnaître les personnes vivant avec des troubles psychiques comme des citoyens à part entière, capables de s’engager, de créer et de prendre leur place dans la société, au sein de collectifs fondés sur la coopération, le respect et l’autodétermination.
Des résultats encourageants
Le tour de Bretagne du ciné-débat a rencontré un véritable succès auprès des participants. Près de 93% d’entre eux déclarent que le documentaire leur a permis de mieux comprendre les réalités liées à la santé mentale. Par ailleurs, 78,1% estiment que le débat a enrichi ou modifié leur regard sur le sujet.
Avec un taux de satisfaction global de 87%, ces résultats confirment que ce format de ciné-débats constitue un outil efficace pour sensibiliser le public et favoriser l’inclusion et la déstigmatisation autour de la santé mentale
Une initiative partenariale, au cœur des missions de Santé mentale France
Cette réussite repose sur une dynamique partenariale solide, fidèle à la mission de Santé mentale France : créer du lien entre les acteurs de la santé mentale et favoriser des coopérations au service des personnes concernées. Le projet a mobilisé plusieurs structures dont Santé mentale France Bretagne, l’Unafam, les Groupes d’entraide mutuelle (GEM) bretons, ainsi que des acteurs des secteurs sanitaire (Fondation Saint-Jean de Dieu) et médico-social (APASE), avec le soutien du PRITH.
En réunissant associations de personnes concernées et de proches, professionnels du soin, du médico-social et partenaires institutionnels, ce ciné-débat a permis de croiser les regards, de décloisonner les pratiques et de renforcer les synergies territoriales. Ces collaborations ont contribué à proposer un événement à la fois inclusif et pédagogique, favorisant le dialogue, la reconnaissance des savoirs expérientiels et la solidarité.
À travers cette initiative, Santé mentale France réaffirme son rôle de fédération : soutenir les dynamiques locales, accompagner les projets collectifs et promouvoir une approche transversale de la santé mentale.

