[Inscriptions] – Journée régionale 2026 Santé mentale France Bretagne

De la contrainte aux choix partagés : ouvrir de nouvelles perspectives en santé mentale !

Repenser les pratiques et renforcer le pouvoir d’agir : un enjeu éthique et pratique au sein des structures de santé et médico-sociales.

Cette journée invite personnes concernées, proches, professionnels et acteurs institutionnels à réfléchir ensemble à une évolution des pratiques en santé mentale : passer d’un recours à la contrainte à une culture du choix partagé, du dialogue et de la co-construction du soin et de l’accompagnement.

À travers interventions, retours d’expériences, nous vous proposons d’explorer des pistes concrètes pour transformer les organisations, soutenir l’autonomie des personnes concernées et favoriser des relations de soin et d’accompagnement plus équilibrées et respectueuses.

9 AVRIL 2026
Espace conférence Georges Brand
1, rue de l’Alma Immeuble le Carré des Alliés 35000 Rennes

✿ Évènement gratuit !
☑ Contact : f.lucas@santementalefrance.fr / 07 86 92 64 12

« Soyons Fous » : ciné-débat en Bretagne pour la déstigmatisation en santé mentale

Le film Soyons Fous propose un regard sensible et inédit sur la santé mentale, en donnant la parole à des personnes vivant avec des troubles psychiques engagées dans une aventure artistique collective. En s’impliquant dans ce projet, Santé mentale France Bretagne a souhaité soutenir une initiative collective mobilisant des associations de personnes concernées et de proches, des acteurs du soin et de l’accompagnement médico-social. Le projet a ainsi associé Unafam, les Groupes d’entraide mutuelle (GEM) bretons, la Fondation Saint-Jean de Dieu pour le secteur sanitaire et l’APASE pour le médico-social, avec le soutien du PRITH. Cette coopération a permis de proposer un ciné-débat inclusif et pédagogique, favorisant le dialogue, la reconnaissance des savoirs expérientiels et la lutte contre la stigmatisation.

Un tour de Bretagne couronné de succès

Le long métrage documentaire « Soyons Fous », qui a parcouru la Bretagne en avant-première, lors de ciné-débat, du 17 au 27 novembre, a rencontré un vif succès auprès du public.

À travers six étapes, ce projet original a rassemblé 534 participants, avec une fréquentation particulièrement élevée à Rennes (201 participants), mais aussi à Brest, Quimper, Saint-Brieuc et Loudéac.

La fréquentation de ces séances dépasse largement la moyenne habituelle pour une avant- première, et cette expérience bretonne constitue une première nationale : une tournée d’avant-premières suivie de débats sur la santé mentale, qui servira de modèle pour générer des initiatives similaires dans d’autres régions.

Une expérience d’inclusion sociale

Les spectateurs ont pu découvrir, à travers le documentaire, la création d’un court-métrage réalisé et joué par une équipe de personnes vivant avec un trouble psychique, accompagnée de grands talents du cinéma. Comme le dit la maquilleuse en herbe de cette belle équipe, l’objectif est clair : « Aller à l’encontre du stéréotype “les fous font de la folie”.»

En dévoilant la complexité du rétablissement ainsi que les bénéfices de l’engagement artistique, « Soyons Fous » met en lumière les réalités des membres de l’équipe, loin des idées reçues. Au cœur d’une séquence de tournage, l’un des acteurs nous plonge dans ses pensées : « On me dit schizophrène, mais c’est un peu une maladie des relations, de la relation… et je me suis souvent retrouvé seul, voilà. Donc de se retrouver en groupe comme ça, c’est… c’est ça qui est primordial quoi. Enfin de… de se sentir normal. De sentir qu’on existe, tout simplement. »

Réalisation : Quentin Perez Beyond Production Tous droits réservés

Des débats riches et bienveillants

À l’issue de la projection, le public a pu réagir, poser des questions et partager ses expériences avec des intervenants aux profils variés : personnes concernées, proches aidants, professionnels soignants et Noël, pair-aidant et acteur du film. Ces débats ont donné lieu à des échanges riches et pluriels, portant à la fois sur l’œuvre — saluée comme « un beau documentaire, à la fois humain et visuel, une forme de poésie » — et, plus largement, sur les enjeux de la santé mentale.

Les soirées ont été largement perçues comme favorisant une meilleure compréhension des troubles psychiques et contribuant à faire évoluer les représentations autour d’une dynamique porteuse d’espoir. Elles ont été marquées par une volonté partagée de lutter contre la stigmatisation et de promouvoir une approche plus inclusive de la santé mentale.

Un participant souligne ainsi « la justesse du propos, la qualité des échanges et le climat de bienveillance », saluant un film « poignant et humain, porté par une belle photographie et une bande-son soignée », sans jamais verser « dans le pathos, le voyeurisme ou la stigmatisation ».

Un autre témoignage met en avant « la dignité de la place offerte aux différents acteurs » ainsi que « la confiance et l’écoute » qui ont permis aux personnes concernées d’exprimer leur vécu et de valoriser des capacités parfois méconnues.En ce sens, Soyons Fous s’inscrit pleinement dans les actions soutenues par Santé mentale France : reconnaître les personnes vivant avec des troubles psychiques comme des citoyens à part entière, capables de s’engager, de créer et de prendre leur place dans la société, au sein de collectifs fondés sur la coopération, le respect et l’autodétermination.

Des résultats encourageants

Le tour de Bretagne du ciné-débat a rencontré un véritable succès auprès des participants. Près de 93% d’entre eux déclarent que le documentaire leur a permis de mieux comprendre les réalités liées à la santé mentale. Par ailleurs, 78,1% estiment que le débat a enrichi ou modifié leur regard sur le sujet.

Avec un taux de satisfaction global de 87%, ces résultats confirment que ce format de ciné-débats constitue un outil efficace pour sensibiliser le public et favoriser l’inclusion et la déstigmatisation autour de la santé mentale

Une initiative partenariale, au cœur des missions de Santé mentale France

Cette réussite repose sur une dynamique partenariale solide, fidèle à la mission de Santé mentale France : créer du lien entre les acteurs de la santé mentale et favoriser des coopérations au service des personnes concernées. Le projet a mobilisé plusieurs structures dont Santé mentale France Bretagne, l’Unafam, les Groupes d’entraide mutuelle (GEM) bretons, ainsi que des acteurs des secteurs sanitaire (Fondation Saint-Jean de Dieu) et médico-social (APASE), avec le soutien du PRITH.

En réunissant associations de personnes concernées et de proches, professionnels du soin, du médico-social et partenaires institutionnels, ce ciné-débat a permis de croiser les regards, de décloisonner les pratiques et de renforcer les synergies territoriales. Ces collaborations ont contribué à proposer un événement à la fois inclusif et pédagogique, favorisant le dialogue, la reconnaissance des savoirs expérientiels et la solidarité.

À travers cette initiative, Santé mentale France réaffirme son rôle de fédération : soutenir les dynamiques locales, accompagner les projets collectifs et promouvoir une approche transversale de la santé mentale.

Participation ciné-débat – Santé mentale France Bretagne


Participez au ciné-débat « soyons fous » en Bretagne !

En novembre prochain, Santé mentale France Bretagne, l’UNAFAM Bretagne et le CRIGEM Bretagne co-organisent des projections en Bretagne de « Soyons Fous ». Ce documentaire passionnant et original a pour ambition de renverser les préjugés, de lutter contre la stigmatisation et de favoriser la libération de la parole sur la santé mentale, décrétée Grande Cause Nationale cette année.


Le pitch ? Des personnes vivant avec une fragilité psychique, préalablement formées par des professionnels du cinéma tournent en toute autonomie un court métrage en plein cœur des Hautes Alpes.

De grands noms du cinéma se sont engagés afin de transmettre leur expérience à l’équipe des néophytes, comme Emmanuelle Bercot, Corinne Masiero, Pablo Pauly. Le film, d’une durée de deux heures, réalisé par Quentin Perez et produit par Beyond Production sera projeté dans 6 cinémas de proximité dans le cadre du Tour de Bretagne :

La billetterie est clôturée, mais des places sont encore disponibles en guichet ! Les adhérents bénéficient d’un tarif préférentiel et recevront, par e-mail, un lien d’inscription spécifique leur permettant d’en profiter. 

Chaque projection sera suivie d’une rencontre avec un acteur du film et des intervenants locaux (professionnels de santé, personnes concernées par un trouble psychique, proches-aidants) pour débattre et échanger autour de retours d’expérience concrets.


Le Tour de Bretagne de “soyons fous” a reçu le label Grande cause nationale 2025 «Parlons santé mentale ! » ainsi que le soutien du Plan régional d’insertion des travailleurs handicapés (PRITH) de Bretagne.

INTERVIEW DU MOIS : André Biche, président de la Coordination régionale Santé mentale France Bretagne

Rencontre avec André Biche, président de la Coordination régionale Santé mentale France Bretagne et figure engagée de longue date dans le champ de la santé mentale. Ancien intervenant social devenu directeur du dispositif Fil Rouge à Rennes, il a œuvré à décloisonner les approches sanitaires, sociales et médico-sociales pour favoriser l’inclusion des personnes vivant avec des troubles psychiques. Son engagement se traduit par des actions concrètes en faveur de la sensibilisation et de l’amélioration des dispositifs de soin.

« Santé mentale France est l’une des rares fédérations à articuler une parole politique forte au niveau national, tout en ancrant son action dans les territoires. L’échelon local est déterminant pour expérimenter, innover, adapter les réponses aux réalités de terrain. »

1. Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours, notamment en lien avec votre engagement pour la santé mentale ?

Je me suis engagé depuis de nombreuses années autour des questions d’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. C’est dans ce cadre, au début des années 2000, que j’ai été confronté à une réalité : les problématiques psychiques étaient largement négligées. Très vite, j’ai ressenti la nécessité de mieux comprendre ces fragilités et de promouvoir leur reconnaissance. C’est ce cheminement qui m’a amené à croiser la route des Croix-Marine, aujourd’hui Santé mentale France.


Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est l’importance de décloisonner les secteurs : faire coopérer le social, l’accompagnement, et la psychiatrie, pour agir ensemble plutôt que chacun de son côté. Aujourd’hui, je suis notamment impliqué dans la coordination Santé mentale France Bretagne, et je représente également la Fédération dans certaines instances. Je suis également formateur en Premiers Secours en Santé Mentale, un outil précieux de sensibilisation et de prévention.

2. Quels sont les principaux éléments qui font la force de cette fédération ? 

Ce qui fait la singularité et la force de Santé mentale France, c’est sa capacité à faire dialoguer une grande diversité d’acteurs autour d’un même objectif : favoriser le rétablissement des personnes vivant avec des troubles psychiques. Cette pluralité – professionnels, proches, personnes concernées, institutions, collectivités, associations – permet de porter une vision globale et humaniste de la santé mentale.

Un autre élément essentiel, c’est la place donnée aux personnes concernées. Elles ne sont pas seulement « accompagnées » : elles sont actrices, co-constructrices des dispositifs, des politiques, des projets. C’est cette reconnaissance de leur expertise et de leur légitimité qui rend possible un véritable changement de regard.

Enfin, Santé mentale France est l’une des rares fédérations à articuler une parole politique forte au niveau national, tout en ancrant son action dans les territoires. L’échelon local est déterminant pour expérimenter, innover, adapter les réponses aux réalités de terrain. C’est cette articulation entre le national et le local qui me semble précieuse, et qui justifie mon engagement dans la coordination régionale Bretagne.

3. Quelles sont les initiatives récentes portées par la fédération ?

La Fédération Santé Mentale France s’inscrit dans une dynamique d’amélioration continue des pratiques, en mobilisant l’ensemble des acteurs concernés à chaque étape du parcours de vie. Cette ambition s’est récemment traduite par la publication de son livre blanc, qui constitue à la fois un état des lieux, un plaidoyer et une feuille de route pour faire évoluer les politiques publiques.

À travers ce document, la Fédération réaffirme une vision globale et inclusive de la santé mentale, qui ne se limite pas au soin mais englobe aussi des enjeux majeurs comme la prévention, l’accompagnement vers l’autonomie, l’accès aux droits ou encore à la citoyenneté.

Parmi les actions marquantes, le développement des Premiers Secours en Santé mentale est aussi un levier fort. Il s’agit d’un outil de sensibilisation et de formation qui permet de mieux comprendre les troubles, de repérer les signaux d’alerte, et d’orienter les personnes vers les ressources adéquates. C’est un exemple concret de ce que peut être une politique de santé mentale tournée vers la prévention et le décloisonnement.

Plus largement, la Fédération se positionne comme une instance fédératrice capable d’impulser des dynamiques collectives dans un champ encore trop souvent morcelé. Elle incarne une perspective d’avenir pour l’ensemble des acteurs de la santé mentale.

4. Pour finir, quel message souhaitez- vous adresser aux adhérents et aux soutiens de Santé mentale France ?

Le message que je souhaite transmettre est avant tout un appel à la mobilisation collective. Face aux enjeux immenses que pose la santé mentale aujourd’hui, nous devons agir ensemble, dans la durée, avec cohérence et conviction. Il ne s’agit pas seulement de défendre des idées, mais de transformer des orientations générales en actions concrètes, visibles, évaluables, porteuses de changement.

Le rétablissement des personnes concernées, leur inclusion pleine et entière, leur reconnaissance comme citoyennes à part entière, dépendent de notre capacité à travailler ensemble, à croiser nos compétences, nos vécus, nos visions. C’est cette intelligence collective que la Fédération incarne et que je souhaite continuer à faire vivre avec tous ceux qui partagent cette ambition.